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Camille Jordan

par Webmaster ICJ - publié le

Camille Jordan

Notice sur la vie et les travaux de Camille Jordan (1838-1922)

(lue par Henri Lebesgue dans la séance de l’Académie des Sciences du 4 juin 1923)

Extraits :
« Marie-Ennemond-Camille Jordan était né le 5 janvier 1838, à la Croix-Rousse, dans le plus foncièrement lyonnais des quartiers de cette ville de Lyon. […]

Camille Jordan commença ses études dans un faubourg de Lyon, au collège d’Oullins. […]

La vocation mathématique de Jordan se révéla de très bonne heure ; on sait, par lui-même, qu’il allait « chiper » des livres de mathématiques dans les tiroirs de ses maîtres, pour les lire en cachette. […]

Il brillait en toute matière et était, sans conteste, le premier partout ; mais pour les mathématiques sa maîtrise était telle que jamais le professeur ne se serait hasardé à parler de la solution d’un problème sans avoir, au préalable, étudié la copie de Jordan. »

Discours de Tabareau à la rentrée solennelle de la Faculté des sciences de Lyon en 1854

(cote Archives municipales de Lyon : 303 692 ; p. 37-38)

Extraits :
« La Faculté des sciences a procédé, cette année, à 326 examens : 4 avaient pour objet les divers ordres de licence ; 53 portaient sur les épreuves de l’ancien baccalauréat ès-sciences physiques et 269 sur celles du nouveau baccalauréat. Les épreuves de licence ont donné lieu à l’admission d’un candidat pour les sciences naturelles, à celle de deux candidats pour les sciences mathématiques et à l’ajournement d’un troisième aspirant à la même licence. [...]

Les 269 examens subis par les candidats aspirant au nouveau diplôme du baccalauréat ès-sciences [...]

Deux candidats ont encore plus de droits à vos encourageantes félicitations. L’un d’eux, Camille Jordan, presque un enfant par son jeune âge, déjà bachelier ès-lettres à 15 ans, à la suite de brillantes études faites à l’institution d’Oullins, obtenait avant sa seizième année, et quelques mois seulement après son entrée au lycée de Lyon, le diplôme de bachelier ès-sciences avec quatre boules blanches, les seules auxquelles nos programmes lui permissent alors de prétendre. »

Notice sur la vie et les travaux de Camille Jordan (1838-1922)

(lue par Henri Lebesgue dans la séance de l’Académie des Sciences du 4 juin 1923)

Extraits :

« Camille entra au Lycée de Lyon dans la classe de mathématiques spéciales, en 1855, à 17 ans et demi, il faut reçu premier à l’Ecole polytechnique. […]

Jordan sortit de l’Ecole polytechnique avec le numéro deux. Comme Hermite, il était nul dans les arts graphiques et cela lui dit perdre la première place. […]

À sa sortie de l’Ecole des mines, en 1861, Jordan alla quelque temps en province, non loin de Lyon […] ; en 1867, il est appelé à Paris. […]

Si, à cette époque, Jordan abandonne le voisinage de Lyon, s’il s’expatrie et se fixe définitivement à Paris, c’est que sa carrière est orientée ; ce sera une carrière de savant bien plutôt que d’ingénieur. Dès l’Ecole des mines, Jordan était mis au travail scientifique ; comme il arrive si souvent pour les mathématiciens, la plupart des recherches auxquelles il s’est ensuite adonné dont déjà amorcées dans ses tout premiers mémoires. […]

Une meilleure preuve de l’estime en laquelle Jordan était tenu par tous à l’Ecole polytechnique, c’est qu’il y fut nommé professeur d’analyse, le 25 novembre 1876, en remplacement d’Hermite […]

Jordan eut les honneurs académiques qu’il méritait ; pourquoi faut-il que d’autres honneurs lui aient été si parcimonieusement mesurés ? Camille Jordan n’était qu’officier de la Légion d’honneur. Nos dirigeants, qui savent parler de la science avec tant d’éloquence, et d’un ton si ému, auraient dû faire davantage pour lui. Non content d’être fonction au triple titre d’ingénieur, de professeur à l’Ecole polytechnique, de professeur au Collège de France, il avait su devenir l’un des maîtres incontestés de la science, il avait ainsi travaillé au renom intellectuel de la France. […]

Jordan dit la plupart de ses belles découvertes en s’entourant de nuages de fumée et de craie, car il travaillait de préférence sur deux tableaux noirs. […]

Lorsqu’il descendait retrouver sa famille, Jordan ne réussissait pas toujours à laisser ses préoccupations mathématiques à l’étage au dessus. Il était alors fort distrait et les enfants étaient tout heureux de prendre leur père en flagrant délit d’absence. […]

Tous ceux qui l’ont connu conserveront le souvenir d’un homme parfait de bonté, de dignité et de droiture. Tous ceux qui sauront le lire admireront la profondeur de ses vues, la généralité de ses considérations, la puissance et l’originalité de ses raisonnements. »

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