Université Ouverte - Université de Tous les Âges



Star Trails Over Oregon  (Joshua Bury)

Recherche Enseignement Université Ouverte
Séminaire "Géométries" Curriculum vitae Vulgarisation
Liens Morphoses Home


Le monde de la physique est-il le nôtre ?
-
 Introduction à la philosophie des sciences par le doute


ATTENTION : CHANGEMENT DE SALLE : les cours se dérouleront  dorénavant dans l'auditorium de la Bibliothèque (gros bâtiment cubique le long du tramway, rez-de-chaussée)

Avertissement : les exposés sont accessibles à tous. Il n'est pas nécessaire d'avoir des compétences en philosophie, mathématiques ou physique.
Avertissement bis : les exposés sont pensés pour être à la fois instructifs et plaisants. En particulier, de nombreusees images agrémentent le cours.
Avertissemen ter : les exposés sont indépendant les uns des autres, même à l'intérieur d'un thème !

Lundi 3 mai 10h00, auditorium de la Bibliothèque : Où se trouve l'espace ? (seconde partie)

Dans la première partie de cet cours sur l'espace, nous avons constaté que l'espace n'avait pas longtemps gagné son autonomie existentielle acquise péniblement avec Newton. Sous l'effet de mathématiciens têtus et iconoclastes, l'espace s'était retrouvé objet d'expérience comme une bête baballe dont on calcule la vitesse de chute. Dans cette seconde partie, on assistera à une forme de revanche de l'espace vis-à-vis de la matière. L'espace débordera, créera, bref échappera à la plate neutralité newtonienne et transcendera la passive soumission einsteinienne à la matière. Enfin, pour clore ce cycle de cours, on se demandera si, face à l'inconstance versatile des théories de l'espace, il reste des raisons de croire que la physique nous parle bien du réel, ou si c'est une belle fiction élaborée par des scientifiques imbibés des préjugers et des représentations de leur temps, ou même de leur classe sociale.



Une femme Zuni


Lundi 22 mars, 10h00, auditorium de la Bibliothèque : Où se trouve l'espace ? (première partie)

La question paraît bien saugrenue non ? On commencera par une citation de Newton qui nous prouvera que la réponse est loin d'être claire, et donc la question pas si bête que ça... Très vite, on verra que la question de l'espace n'a rien d'un réceptacle tranquille et docile de la matière. Est-elle même quelque chose, au fait ? Dans cette première partie, on attaquera de front la réalité de ce concept évanescent, à coup de théorie physique, de philosophie idéaliste, de subtiles expériences aux résultats ahurrissants et de mathématiques délirantes. En retour, l'espace malmené emportera dans la tourmente le peu d'intuition qu'on avait de lui.  Qu'en restera-t-il ? Cette conférence sera également l'occasion d'admirer quelques beaux monochromes, de lire des citations bibliques, d'admirer Albert Einstein en bonne compagnie, et de s'emporter et de frémir comme Ernst Mach contre ce "monstrueux espace absolu".



Kasimir Malevitch, La cavalerie rouge, 1918





Lundi 1er février, 10h00, auditorium de la Bibliothèque : Les particules élémentaires existent-elles ? (seconde partie)

Au tout début du XXème siècle, on l'a vu, le triomphe de l'atome s'accompagne de la mort de l'atomisme démocritéen, monde de petits êtres rigides s'entrechoquant ou s'accrochant. Les atomes de Bolzmann ou Maxwell ne sont plus que des points mathématiques soumis à des forces qu'on croirait aristotéliciennes. Deux décennies plus tard, alors que la physique semblait pourtant rendre compte de la totalité des phénomènes physiques, un four chauffé à blanc sera le tombeau définitif du bon sens, et le terreau d'une nouvelle physique, la mécanique quantique, dont l'ontologie reste encore à trouver. Avec la théorie quantique des champs, nous abandonnerons tout espoir de salut classique, et prendrons quelque plaisir à renouer des liens avec les grecs. Nous serons chahutés par les nouvelles formes de particules, interloqués par les audaces des théoriciens, et même choqués par des nominalistes du moyen-âge.




Frantisek Kupka, Femme cueillant des fleurs, 1910
 



Lundi 14 décembre, 10h00, auditorium de la Bibliothèque : Les particules élémentaires existent-elles ? (première partie)

On a tous l'image d'un atome, un petit tas de billes qui se tiennent chaud autour duquel virevoltent d'élégants électrons. Finalement assez peu soucieux de connaître la nature réelle de ces éléments, les physiciens ont échafaudé une fantastique théorie, le Modèle Standard, qui connaît depuis trente ans les succès prédictifs expérimentaux les plus éclatants dans le domaine de l'infiniment petit. Ce qui est tout à fait étonnant, c'est que tout le monde s'accorde actuellement pour dire que le Modèle Standard a fait son temps, et qu'une nouvelle théorie le détrônera, s'enfonçant bien plus profondément encore dans les mystères de la matière et des forces qui la dominent. D'où peut bien venir ce malaise, cette insatisfaction devant un succès aussi impressionnant ? En essayant de répondre à cette question, nous nous interrogerons sur ce que les physiciens attendent d'une théorie des composants ultimes des choses. On verra que de très vieux débats philosophiques n'ont pas cessé d'alimenter et d'orienter les théories des physiciens. On rendra bien sûr visite aux atomes crochus, mais aussi à la Trinité, à d'étranges poissons afro-américains et la musique de cordes minuscules.



Un boson de Higgs... imaginé par le Cern


Lundi 23 novembre, 10h00, auditorium de la Bibliothèque : Mais de quoi parle l'astronomie ? (seconde partie)

Le système de Copernic n'était pas spécialement plus précis que celui de Ptolémée, juste un peu plus simple et élégant. Mais ils différaient fondamentalement : le centre de l'Univers passait de la Terre au Soleil. Comment deux théories physiques qui se représentaient le monde aussi différemment pouvaient-elles être équivalentes du point de vue des faits ? A partir de cette question, nous continuerons, à travers l'histoire de l'astronomie, à questionner la physique. Nous aborderons le problème crucial de la distinction entre métaphysique et physique, et nous verrons que la réponse n'est pas aussi simple qu'elle en a l'air. Poincaré, Carnap, Popper, Duhem, Newton, Tycho Brahé et Gotlib alimenteront le débat.






Uraniborg, le palais astronomique de Tycho Brahé

Lundi 19 octobre, 10h00, amphi Jussieu, la Doua : Mais de quoi parle l'astronomie ? (première partie)

Premier grand succès des mathématiques pour prédire des phénomènes physiques, l’astronomie n’a pourtant eu d’unité que le nom. Cette science annonçait des phénomènes aussi complexes que les éclipses depuis des millénaires ; Le Verrier a su que Neptune existait avant qu’on la découvre ; en 1916, un autrichien dans les tranchées a prédit sur le papier l’existence de trous noirs. Pourtant, du système de Ptolémée à la relativité générale d’Einstein en passant par la gravitation universelle de Newton, les théories qui ont permis ces prédictions non seulement reposent sur des structures mathématiques qui n’ont rien à voir les unes avec les autres, mais plus surprenant encore, possèdent des conceptions de l’espace, du temps, de la matière et des forces sans aucun point commun. Comment une science avec des points de vue aussi divergents de l’univers a-t-elle pu avoir autant de succès ? On peut légitimement être pris de doute : le monde dont nous parle l’astronomie a-t-il un lien avec le monde réel ?



Zoloty, un chien de Pavlov


Site de l'UO
Site de l'UTA





Coups de théâtre en mathématiques : cycle de conférences donné par Vincent Borrelli