Des pages et des documents à la portée d'un bon élève de terminale, écrits pour mes petits-enfants et pour d'autres curieux de mathématique ou physique.
Dans le livre V des Lois, Platon note que 5040 = 7! est divisible par tous les entiers de 1 à 10. Le mathématicien grec Andreas Zachariou a remarqué que 11 est le successeur de 7 dans la suite des nombres premiers, et a énoncé, sans démonstration, le théorème: Soit P premier, supérieur ou égal à 5, et Q le successeur de P dans la suite des nombres premiers. Alors tous les entiers de l'intervalle [1,Q-1] divisent P! qu'il a baptisé du nom de Le théorème caché de Platon. La première preuve semble remonter à 2003. Elle est élémentaire et repose sur le postulat de Bertrand, démontré par Tchebychev en 1850 qui dit que, pour tout entier N plus grand que 1, l'intervalle ouvert ]N, 2N[ contient au moins un nombre premier. Une démonstration plus simple encore a été proposée par un étudiant en première année de médecine à l'université de Thessalonique, en s'appuyant sur un lemme tout à fait élémentaire: Si N est un entier plus grand que 5, tous les entiers non premiers de l'intervalle fermé [N+1, 2N] sont des diviseurs de N!.
Le test de Solovay-Strassen est un algorithme probabiliste permettant de construire facilement de très grands nombres premiers. Il n'utilise que des notions d'algèbre et théorie des nombres très élémentaires du niveau d'un bon élève de Terminale Maths Expertes ou première année de licence. Le fichier solovay-strassen.pdf d'une douzaine de pages, est destiné à un bon élève de Terminale Mathématiques, ou de première année de licence curieux de rafraîchir ses connaissances et de les joindre à la pratique en rédigeant ce module Python très simple. Celui qui voudrait un peu plus de rappels sur les notions les plus élémentaires d'algèbre et d'arithmétique ou sur les permutations d'un ensemble pourra les trouver dans rappels et compléments.
Deux joueurs sont devant une table sur laquelle sont posés des tas d'allumettes. À tour de rôle chacun d'eux choisit l'un des paquets et en retire une ou plusieurs allumettes, éventuellement toutes. Celui qui prend la dernière gagne. Ce jeu est une excellente occasion de s'initier à l'écriture des nombres en base 2. Voici un lien jeu de Nim sur une page consacrée à ce jeu.
Lors d'une visite au musée Lumière à Lyon, j'ai été émerveillé par la contemplation de quelques autochromes illustrant la vie de cette famille aisée du début du XXe siècle. Désireux de comprendre le procédé de fabrication de ces images, j'ai passé quelques heures à clarifier les vagues notions que j'avais à propos de la lumière et des couleurs, et préparer ce document, Lumières, couleurs et autochromes, à l'intention de mes petits-enfants ou d'autres curieux.
Le jeu de Dobble, édité par Asmodée est un jeu s'adressant aux grands et aux petits. Il est constitué de 55 cartes. Sur chacune d'elles sont dessinées 8 petites images. La propriété remarquable de ce jeu est que deux cartes quelconques ont une, et une seule image en commun.
Dans le monde qui nous entoure, chaque droite a exactement autant de points qu'il existe de nombres réels, et deux droites distinctes ont un point commun, sauf si elles sont parallèles. Si l'on rajoute un point à l'infini dans chaque direction de droite on obtient un nouvel espace, le plan projectif réel, avec la propriété plus élégante: deux droites distinctes ont un unique point commun (éventuellement à l'infini).
A tout nombre premier p on peut associer un ensemble fini de p éléments, appelé le corps Fp, muni d'une multiplication et d'une addition avec les mêmes propriétés que l'addition et la multiplication des nombres réels. A partir de cet ensemble Fp, on construit un plan projectif de la même manière qu'on a construit le plan projectif réel. C'est le plan projectif sur Fp. Ce plan n'a qu'un nombre fini de points égal à p2 + p + 1. Chaque droite est un ensemble de p+1 points, et il y a exactement p2 + p + 1 droites. Deux droites distinctes ont toujours exactement un point commun.
Les deux cartes ci-dessus sont deux cartes d'un jeu de Dobble formé de 133 cartes de 12 images. Pour construire ce jeu on a construit P11, le plan projectif sur le corps F11 et associé une image à chacun des 133 points de P11. Puis, pour chaque droite, on a dessiné la carte, formée des images associées aux points de cette droite. En choisissant p=7 on aurait construit un jeu de 72 + 7 + 1 = 57 cartes, chaque carte contenant 7 + 1 = 8 images, comme les cartes du jeu de Dobble d'Asmodée. Pourquoi n'y a-t-il que 55 cartes dans le jeu d'Asmodée alors qu'il est tout naturel d'en obtenir 57? Je ne sais pas.
Ceci est une excellente occasion d'introduire l'arithmétique modulaire, les nombres premiers, les corps finis et les plans projectifs. Le document dobble.pdf, 11 pages à la portée d'un bon élève de classe terminale, explicite les détails de cette construction. Vous pouvez jouer en ligne en suivant le lien dobble game. Pour chaque nouvelle paire de cartes vous devez cliquer sur l'image commune aux deux cartes présentées. En mode chrono, la partie se termine après 10 paires. Le score affiché est la durée de la partie, augmentée d'une pénalité de 5 secondes par erreur.