2 Enveloppe convexe, cônes tangents et cônes normaux pour tout e.v.n. E (Niveau L3)

Comme pour les adhérences, la stabilité par intersection garantit l’existence d’un plus petit convexe contenant A.

Définition B.1.

L’enveloppe convexe d’un ensemble A, notée C⁢o⁢n⁢v⁢(A) est le plus petit convexe contenant A.

Lemme B.2.
Conv(A)=⋃n∈ℕ∗{∑i=1ntixi,xi∈A,avec∑i=1nti=1,ti≥0}
Démonstration : 

Soit C⁢o⁢n⁢v′⁢(A) le membre de droite. Convn′(A)={∑i=1ntixi,xi∈A,avec∑ti=1,ti≥0} Le cas n=1 dans l’union est A donc A⊂C⁢o⁢n⁢v′⁢(A). Si y1=∑i=1nti⁢xi∈C⁢o⁢n⁢vn′⁢(A),y2=∑j=1msj⁢zj∈C⁢o⁢n⁢vm′⁢(A) sont deux points quelconques, alors pour λ∈[0,1]

λ⁢y1+(1−λ)⁢y2=∑i=1nλ⁢ti⁢xi+∑j=1m(1−λ)⁢sj⁢zj.

Comme ∑i=1nλ⁢ti+∑j=1m(1−λ)⁢sj=λ+(1−λ) on déduit λ⁢y1+(1−λ)⁢y2∈C⁢o⁢n⁢vn+m′⁢(A). Ceci montre que C⁢o⁢n⁢v′⁢(A) est un convexe qui contient A.

Il est facile de voir que tout ensemble convexe est stable par combinaison convexe ∑i=1nti⁢xi avec ∑ti=1,ti≥0 par récurrence sur n et ainsi C⁢o⁢nn′⁢(A)⊂C⁢o⁢n⁢v⁢(A). Si tn=1, les autres sont nuls et rien n’est à montrer. En écrivant ∑i=1nti⁢xi=(1−tn)⁢(11−tn⁢∑i=1nti⁢xi)+tn⁢xn on a par l’hypothèse de récurrence 11−tn⁢∑i=1nti⁢xi∈C⁢o⁢n⁢v⁢(A) car yn:=11−tn⁢∑i=1nti=(1−tn)/(1−tn)=1 (et les coefficients sont positifs). Donc on a aussi la combinaison convexe ∑i=1nti⁢xi=(1−tn)⁢yn+tn⁢xn∈C⁢o⁢n⁢v⁢(A).   □

Dans ℝn il ne suffit que du barycentre de n+1 points.

Théorème B.3 (de Carathéodory).

(admis) Si A⊂ℝn, on a

Conv(A)={∑i=1n+1tixi,xi∈A,avec∑i=1n+1ti=1,ti≥0}.

Les deux ensembles suivant seront importants pour formuler des conditions pour des problèmes de minimisation sous contrainte.

Définition B.2.

Le cône tangent de l’ensemble A⊂E e.v.n. au point a∈A est

TA⁢(a):={b∈E:∃ai→a,ai∈A,ti>0,ti→0:b=limai−ati}

Le cône normal est son polaire, c’est à dire le cône convexe fermé :

NA⁢(a):={f∈E∗:∀x∈TA⁢(a),f⁢(x)≤0}.
Exemple B.2.

TA⁢(a) est toujours fermé. Si L est un s.e.v de E a∈L, TL⁢(a)=L¯ et NL⁢(a)=L⟂. Si a∈I⁢n⁢t⁢(A), TA⁢(a)=E et ℕA⁢(a)={0}.

Le résultat montrer l’accord avec la définition du cas E=ℝn dans le cas convexe (avec l’identification usuelle de E′ à E comme pour tout espace de Hilbert.)

Proposition B.4.

Si S est convexe et x∈S, alors Tx⁢(S) est convexe et S⊂x+Tx⁢(S). De plus, on a

Tx⁢(S)={u−xs,u∈S,s>0}¯,Nx⁢(S)={f∈E′:∀u∈S,f⁢(u−x)≤0}
Démonstration : 

ℝ+∗⁢(S−x) est convexe comme S−x donc en prenant l’adhérence, aussi l’ensemble W=ℝ+∗⁢(S−x)¯ que l’on veut montrer être TS⁢(x). Si on a une suite (xn−x)/tn→u∈TS⁢(x) comme tous les éléments sont dan W, on obtient par fermeture aussi la limite, donc TS⁢(x)⊂W. Réciproquement, pour t>0, xn:=tn⁢(u−x)+x=tn⁢u+(1−tn)⁢x∈S pour n assez grand par convexité et (xn−x)/tn=t⁢(u−x) si tn=1/n→0 donc t⁢(u−x)∈TS⁢(x) comme voulu. Les autres relations sont alors évidentes, car S−x⊂TS⁢(x) (car s=1) et par la définition de NS⁢(x) comme polaire.   □