1 Propriétés des Cônes tangents et normaux dans ℝn

En pratique, on peut utiliser le résultat suivant pour se ramener à des cas plus simples:

Proposition B.1.

Soient A,B des convexes de E.

  1. 1.
    ​

    Si A⊂B alors pour tout x∈A, TA⁢(x)⊂TB⁢(x) et NA⁢(x)⊃NB⁢(x).

  2. 2.
    ​

    Si a∈I⁢n⁢t⁢(A), TA⁢(a)=E et NA⁢(a)={0}.

  3. 3.
    ​

    Si u1,…,un∈NA⁢(x) alors {∑i=1nλi⁢ui,λi≥0}⊂NA⁢(x).

  4. 4.
    ​

    Si a≠b alors N[a,b]⁢(a)=(ℝ⁢(b−a))⟂+ℝ+⁢(a−b)

    et pour u∈[a,b]−{a,b} N[a,b]⁢(u)=(ℝ⁢(b−a))⟂.

  5. 5.
    ​

    Pour x∈A, A⊂x+TA⁢(x) et Tx+TA⁢(x)=TA⁢(x) et donc Nx+TA⁢(x)=NA⁢(x).

Démonstration : 

(1) TA⁢(x)=ℝ+∗⁢(A−x)¯⊂TB⁢(x) est par monotonie de l’adhérence. Si f∈NB⁢(x) alors pour tout y∈TB⁢(x) (en particulier y∈TA⁢(x) on a ⟨f,x⟩≤0 et donc f∈NA⁢(x). Donc on a l’inclusion NA⁢(x)⊃NB⁢(x).

(2) a∈I⁢n⁢t⁢(A) il existe une boule donc un convexe B⁢(a,r)⊂A r>0 et donc par (1) TA⁢(a)⊃TB⁢(a,r)⁢(a)⊃ℝ+⁢(B⁢(a,r)−a)=ℝ+⁢B⁢(0,r)=E par la définition. Vu E⟂={0} le résultat sur le cône normal s’en déduit.

(3) C’est la propriété de cône. Par hypothèse pour x∈TA⁢(x) on a ⟨ui,x⟩≤0 donc pour λi≥0 ⟨∑i=1nλi⁢ui,x⟩=∑i=1nλi⁢⟨ui,x⟩≤0 et donc ∑i=1nλi⁢ui∈NA⁢(x).

(4) Comme [a,b] est convexe, on obtient Tu⁢([a,b])=ℝ+⁢[a−u,b−u] et u=λ⁢a+(1−λ)⁢b donc (a−u)=(1−λ)⁢(a−b), b−u=λ⁢(b−a) donc Tu⁢([a,b])=ℝ+⁢[a−u,b−u]=ℝ⁢(b−a) d’où le calcul du cône normal par l’exo 3.2. De même Ta⁢([a,b])=ℝ+⁢(b−a) donc clairement f∈Na⁢([a,b]) se décompose selon la somme directe orthogonale ℝ⁢(b−a)⊕(ℝ⁢(b−a))⟂ f=λ⁢(b−a)+v et on ⟨f,b−a⟩=λ⁢‖b−a‖2 qui est négatif si et seulement si λ≤0. Donc si et seulement si f∈(ℝ⁢(b−a))⟂+ℝ+⁢(a−b) comme annoncé.

(5) Par la formule x+TA⁢(x)=x+ℝ+∗⁢(A−x)¯⊃x+(A−x)=A. Par l’inclusion Tx+TA⁢(x)⊃TA⁢(x). Mais x+TA⁢(x)−x=TA⁢(x) donc Tx+TA⁢(x)=ℝ+∗⁢TA⁢(x)¯=TA⁢(x) car TA⁢(x) est un cône fermé. On déduit directement le cas des cônes normaux.   □

Exemple B.1.

Soit A={(x,y)∈ℝ2:x≥y≥0,}. Calculons NA⁢(0) le cône normal en 0=(0,0).

D’abord on essaye de borner supérieurement l’ensemble. En prenant [(0,0),(1,1)]⊂A, on a

NA(0)⊂N[(0,0),(1,1)](0)=(ℝ(1,1))⟂+ℝ+(−1,−1)={λ(1,−1)+μ(−1,−1),λ∈ℝ,μ≥0}

De même

NA(0)⊂N[(0,0),(1,0)](0)=(ℝ(1,0))⟂+ℝ+(−1,−1)={λ′(0,1)+μ′(−1,0),λ′∈ℝ,μ′≥0}

Donc NA⁢(0) est inclus dans l’intersection, résolvons le système (−μ′,λ′)=(λ−μ,−λ−μ) avec les conditions ci-dessus ,λ,λ′∈ℝ,μ,μ′≥0 Il faut donc −λ−μ=−λ+μ−2⁢μ=μ′−2⁢μ donc

N(0,0)⁢(A)⊂{μ′⁢(−1,1)+μ⁢(0,−2),μ,μ′≥0}.

Montrons qu’il y a égalité en montrant que (−1,1)∈NA⁢(0) et (0,−1)∈NA⁢(0) (car on a alors l’autre inclusion par le 3 de la précédente proposition).

La formule du cas convexe donne TA⁢(0)=A donc soit (x,y)∈A, on calcule ⟨(x,y),(−1,1)⟩=y−x≤0 d’après l’équation de A donc (−1,1)∈NA⁢(0).

Enfin ⟨(x,y),(0,−1)⟩=−y≤0 donc (0,−1)∈NA⁢(0) comme voulu.

On a donc

NA⁢(0)=ℝ+⁢(−1,1)+ℝ+⁢(0,−2).

On est maintenant prêt pour la :

Preuve du Théorème 3.6 : 

On rappelle que

C={x∈U:∀i∈{1,…,n},gi⁢(x)≤0}.

On a supposé x0∈I⁢n⁢t⁢(C)⊂U existe. Soit x∈C tel que:

  1. 1.
    ​

    les l premières contraintes sont actives, c’est à dire: g1⁢(x)=…=gl⁢(x)=0

  2. 2.
    ​

    les autres contraintes ne sont pas actives, c’est à dire gl+1⁢(x)<0,…⁢gn⁢(x)<0

Si l=0, on a

x∈I⁢n⁢t⁢(C)={x∈U:∀i∈{1,…,n},gi⁢(x)<0}

donc NC⁢(x)={0} par la proposition B.1.2. Sinon, le but est de voir:

NC⁢(x)={∑i=1lλi⁢∇gi⁢(x),λi≥0}.

Etape 1: inclusion ⊃.

Par la proposition B.1.3. il suffit de voir que ∇gi⁢(x)∈NC⁢(x) pour 1≤i≤l, soit autrement dit par définition de NC⁢(x), il faut voir:

⟨∇gi⁢(x),u−x⟩≤0,∀u∈C

Or par le théorème 3.12, on a ∀u,x∈U

⟨∇gi⁢(x),u−x⟩≤gi⁢(u)−gi⁢(x)=gi⁢(u)≤0,

car u∈C.

Etape 2: inclusion ⊂.

Soit f∈NC⁢(x).

On remarque d’abord que si on prend h0=x0−x on a d⁢gi⁢(x)⁢(h0)≤gi⁢(x0)−gi⁢(x)=gi⁢(x0)<0 pour tout i=1,…,l.

Soit donc maintenant h tel que d⁢gi⁢(x)⁢(h)<0,i=1,…,l (il en existe par la remarque), alors gi⁢(x+t⁢h)−gi⁢(x)=t⁢d⁢gi⁢(x)⁢(h)+o⁢(t) donc gi⁢(x+t⁢h)<0 pour t>0 petit, et i=1,…⁢l De plus pour t assez petit comme gl+1⁢(x)<0,…⁢gn⁢(x)<0, on déduit par continuité gl+1⁢(x+t⁢h)<0,…⁢gn⁢(x+t⁢h)<0 d’où x+t⁢h∈A pour tout t assez petit.

Par définition de NC⁢(x), on a donc ⟨f,x+t⁢h−x⟩≤0 donc en particulier ⟨−f,h⟩≥0 et on ne peut pas avoir −⟨f,h⟩<0. Donc −f,d⁢g1⁢(x),…,d⁢gl⁢(x) vérifient la première condition de la Proposition B.15 (avec E=ℝn) donc aussi la seconde et sont donc positivement linéairement dépendants. On a donc des λi positifs non tous nuls tel que −λ0⁢f+∑i=1lλi⁢∇gi⁢(x)=0.

Montrons enfin que λ0≠0. Si on avait ∑i=1lλi⁢∇gi⁢(x)=0, il n’y aurait pas de h tel que d⁢gi⁢(x)⁢(h)<0 pour tout i=1,…,l ce qui contredit d⁢gi⁢(x)⁢(h0)<0.

On conclut à l’égalité voulu:

f=∑i=1lλiλ0⁢∇gi⁢(x)∈{∑i=1lλi⁢∇gi⁢(x),λi≥0}

□