3 Complétude et compacité

Complétude

Exercice 1  Soit (E,||⋅||) un e.v.n., et F⊆E un sous-espace de dimension finie. Montrer que F est fermé dans E.

Solution : 

(cf. TD)   □

Exercice 2

Soit E un espace de Banach. Soit A=(L(E,E),|||⋅|||) l’espace de Banach des application linéaires continues sur E (munie de la norme subordonnée). Soit f∈A vérifiant ‖|f|‖<1.

  1. 1.
    ​

    Soit x∈A, on pose Fx⁢(y)=f⁢(y)+x. Montrer que l’application Fx a un unique point fixe.

  2. 2.
    ​

    Vérifier que la norme subordonnée est sous-multiplicative, c’est à dire que pour tout f,g∈A:

    ‖|f∘g|‖≤‖|f|‖⁢‖|g|‖
  3. 3.
    ​

    On considère la série ∑nfn des composées de f définies par f0=idE (l’application identité), fn+1⁢(x)=f⁢(fn⁢(x)). Montrer que cette série est absoluement convergente dans A.

  4. 4.
    ​

    En déduire que idE−f admet un inverse de composition dans A, c’est à dire g∈A tel que

    g∘(idE−f)=(idE−f)∘g=idE

    Quel est le lien entre g⁢(x) et le point fixe de Fx ?

Solution : 

(cf. TD)   □

Exercice 3

Soit E un espace de Banach. Soit C=Cb1(]0,+∞[,ℝ) l’espace des applications C1 bornées et de dérivées bornées f:]0,+∞[→ℝ.

  1. 1.
    ​

    Soit D:(Cb1(]0,+∞[,ℝ),||⋅||∞)→(Cb0(]0,+∞[,ℝ),||⋅||∞) défini par D⁢(f)⁢(x)=f′⁢(x). Montrer que D est une application linéaire non-continue. (Indication: considérer fn⁢(x)=e−n⁢x)

  2. 2.
    ​

    Pour rendre D continue, on considère la norme ‖f‖C1=max⁡(‖f‖∞,‖D⁢(f)‖∞). Montrer que cela définit une norme sur C et que D:(C,||⋅||C1)→(Cb0(]0,+∞[,ℝ),||⋅||∞) est continue.

  3. 3.
    ​

    On pose i⁢(f)=(f,D⁢(f)) Montrer que i:C→(Cb0(]0,+∞[,ℝ),||⋅||∞)2 définit une isométrie. En déduire que (C,||⋅||C1) est complet.

Solution : 

(cf. TD)   □

Exercice 4   On considère l’espace E=ℓ1⁢(ℕ)={a=(ai)∈𝕂ℕ:‖a‖1=∑i=0∞|ai|<∞}. On sait que (E,||⋅||1) est un espace vectoriel normé. Soit an=(an,m)m≥0∈E la suite des coefficients d’une série absolument convergente dans E, c’est à dire : ∑n=0∞‖an‖1<+∞.

On rappelle la version série du théorème de Fubini-Tonelli, pour toute série double (à coefficients positifs comme |an,m|), on peut intervertir les sommes:

∑n=0∞∑m=0∞|an,m|=∑m=0∞∑n=0∞|an,m|∈[0,+∞].
  1. 1.
    ​

    Montrer que pour chaque m∈ℕ, la série ∑nan,m converge dans 𝕂, disons vers bm=∑n=0∞an,m.

    Solution : 

    Il suffit de voir que la série est absolument convergente (ce qui implique sa convergence vu ℝ complet). Or

    |∑nan,m|≤∑n=0∞∑m=0∞|an,m|=∑n=0∞‖an‖1<+∞.

    □

  2. 2.
    ​

    Montrer que b=(bm)m≥0∈E.

    Solution : 

    Par l’inégalité triangulaire des séries:

    ‖b‖1=∑m=0∞|bm|≤∑m=0∞∑n=0∞|an,m|=∑n=0∞‖an‖1<+∞.

    □

  3. 3.
    ​

    Montrer que ‖∑i=0nai−b‖1≤∑i=n+1∞∑m=0∞|ai,m|. En déduire que ‖∑i=0nai−b‖1→n→∞0.

    Solution : 

    Par l’inégalité triangulaire des séries, puis l’interversion des sommes :

    ‖∑i=0nai−b‖1=∑m=0∞|∑i=0nai,m−bm|=∑m=0∞|∑i=n+1∞ai,m|≤∑m=0∞∑i=n+1∞|ai,m|=∑i=n+1∞‖ai‖1.

    Comme reste d’une série convergente, la dernière somme tend vers 0, d’où le résultat.   □

  4. 4.
    ​

    En déduire que E est complet.

    Solution : 

    Le 3 dit que les sommes partielles de la série des (an) converge vers b∈E, et comme la série absolument convergente était arbitraire, toute série absolument convergente converge. C’est le critère de complétude par série qui indique donc que E est complet.   □

Exercice 5   On considère le système d’équations

{4⁢x=sin⁡(x+y),(x,y)∈ℝ23⁢y=3+2⁢arctan⁡(x−y). (E.1)
  1. 1.
    ​

    Déterminer une fonction f:ℝ2→ℝ2 telle que (x,y)∈ℝ2 soit solution de (E.1) si et seulement si (x,y) est un point fixe de f.

  2. 2.
    ​

    Montrer que f est contractante de ℝ2→ℝ2. On commencera par montrer les deux inégalités suivantes : pour tout a,b∈ℝ, |sin⁡(a)−sin⁡(b)|≤|a−b| et |arctan⁡(a)−arctan⁡(b)|≤|a−b|.

  3. 3.
    ​

    Montrer que le système (E.1) admet une unique solution dans ℝ2.

Solution : 

(cf. TD)   □

Exercice 6   On considère l’espace E=𝒞0⁢([0,1],ℝ)={f:[0,1]→ℝ;f⁢ continue} muni de la norme ‖f‖1=∫01|f⁢(x)|⁢𝑑x (cf TD 1 ex 5)

  1. 1.
    ​

    Montrer que fn⁢(x)=xn définit une suite de Cauchy de E.

  2. 2.
    ​

    E est-il complet ?

Solution : 

(cf. TD)   □

Compacité

Exercice 7   Déterminer si les ensembles suivants sont, ou ne sont pas, compacts dans ℝ2:

A={(x,y)∈ℝ2:x2+y4=1},B={(x,y)∈ℝ2:y2=x3},
C={(cost,sint):t∈[0,1]},D={(cost,sint):t∈]0,1]},E={(cost,sint):t∈]0,2π]}.
Solution : 

(cf. TD)   □

Exercice 8   On se place dans l’espace vectoriel ℝ⁢[X] muni de la norme n∞. Montrer que la boule fermée de centre 0 et rayon 1 n’est pas compacte. (Indication : on pourra démontrer que la suite (Xn) n’admet pas de sous-suite convergente.)

Solution : 

(cf. TD)   □

Exercice 9   Soit A une partie compacte d’un espace vectoriel normé. On suppose que A est contenue dans la boule unité ouverte B⁢(0,1). Montrer qu’il existe r<1 tel que A soit contenue dans BF⁢(0,r).

Solution : 

(cf. TD)   □

Exercice 10   On se place dans ℝn muni d’une norme ∥⋅∥ et on considère une partie non vide A de ℝn. Pour x∈ℝn on définit

d(x,A)=inf{∥x−a∥:a∈A}.
  1. 1.
    ​

    Montrer que pour tout x,y∈ℝn, d⁢(x,A)≤d⁢(y,A)+‖y−x‖

  2. 2.
    ​

    En déduire que x↦d⁢(x,A) est une fonction continue.

  3. 3.
    ​

    Soit F un fermé non vide de ℝn. Montrer que dans ce cas, d⁢(x,F)=0⁢ si et seulement si ⁢x∈F.

  4. 4.
    ​

    Pour une partie non vide B de ℝn, on définit d(A,B)=inf{∥b−a∥:a∈A,b∈B}. Montrer que d⁢(A,B)=inf{d⁢(a,B):a∈A}.

  5. 5.
    ​

    Soit K un compact non vide de ℝn. Montrer qu’il existe a∈K et b∈F tels que

    d⁢(K,F)=‖b−a‖.
  6. 6.
    ​

    Ce dernier résultat est-il encore vrai si l’on suppose simplement K fermé ? (Indication : on pourra considérer les parties A={(t,et):t∈ℝ} et B={(t,−et):t∈ℝ} de ℝ2.)

Exercice 11   Soit (X,d) un espace métrique, et (xn) une suite d’éléments de X qui converge vers x∈X. Montrer que l’ensemble {xn:n∈ℕ}∪{x} est compact.

Solution : 

Soit K={xn:n∈ℕ}∪{x} où (xn) est une suite convergente vers x∈X.

On montre que toute suite (yn) de K admet une sous suite convergente en séparant deux cas

  1. 1.
    ​

    Soit (yn) ne prend qu’un nombre fini de valeurs, donc par le principe des tiroirs, elle prend une valeur un nombre infini de fois, elle admet donc une sous-suite constante (donc convergente).

  2. 2.
    ​

    Soit (yn) prend un nombre infini de valeurs, (et donc aussi (xn)) on va montrer qu’il existe une sous-suite de y, aussi extraite de x. On pose ϕ⁢(0)=inf{n∈ℕ:yn≠x} (qui existe car y n’est pas constante égale à x) et ψ⁢(0)=inf{m∈ℕ:xm=yϕ⁢(0)} (qui existe par choix de ϕ⁢(0)).

    On définit alors par récurrence

    ϕ⁢(n+1) =inf{m>ϕ⁢(n):ym∉{x,x1,⋯,xψ⁢(n)}}
    ψ⁢(n+1) =inf{m>ψ⁢(n):xm=yϕ⁢(n+1)}

    L’ensemble dont on prend l’inf pour obtenir ϕ⁢(n+1) est non-vide car y prend un nombre infini de valeurs. Celui pour obtenir ψ⁢(n+1) est non-vide car yϕ⁢(n+1)≠x donc appartient aux valeurs de x. On a par construction ψ et ϕ strictement croissante et yϕ⁢(n)=xψ⁢(n) donc la suite extraite (yϕ⁢(n)) est aussi extraite de (xn) donc converge vers x.

□

Exercice 12   Soit f:[0,1]→ℝ une fonction continue. Soit fn la fonction définie par fn⁢(x)=f⁢(⌊x⁢n⌋n). Montrer que fn converge uniformément vers f. En déduire que les fonctions en escalier sont denses dans l’ensemble des fonctions continues par morceaux 𝒞⁢ℳ⁢([0,1],ℝ).