5 Intégration

Boréliens, fonctions mesurables

Exercice 1  On travaille avec la tribu borélienne ℬ⁢(ℝn).

Prouver ou réfuter les assertions suivantes.

  1. 1.
    ​

    Un ouvert est un borélien.

  2. 2.
    ​

    Un fermé est un borélien.

  3. 3.
    ​

    Un borélien est un ouvert ou un fermé.

  4. 4.
    ​

    Un intervalle est dans ℬ⁢(ℝ).

Exercice 2  Prouver ou réfuter les assertions suivantes.

  1. 1.
    ​

    L’ensemble [2,3[∩ℚ est un borélien de ℝ.

  2. 2.
    ​

    L’ensemble {x∈ℝ:sin⁡(x)=cos⁡(tan⁡(x))} est un borélien de ℝ.

  3. 3.
    ​

    Si B∈ℬ⁢(ℝ) et si A⊂B alors A∈ℬ⁢(ℝ).

Exercice 3  Soit (Ω,𝒯) un espace mesurable. Prouver ou réfuter les assertions suivantes.

  1. 1.
    ​

    Une fonction f:Ω→ℝ qui ne prend qu’un nombre fini de valeurs est étagée.

  2. 2.
    ​

    Si f:Ω→ℝn est mesurable et si g:ℝn→ℝ est borélienne étagée alors g∘f est étagée.

  3. 3.
    ​

    Si f:Ω→ℝ est telle que f−1⁢(F)∈𝒯 pour tout F⊂ℝ fermé alors f est mesurable.

  4. 4.
    ​

    Si f:ℝ→ℝ est borélienne et ne s’annule pas alors 1f est borélienne.

  5. 5.
    ​

    La fonction f:Ω→ℝ est mesurable si est seulement si |f| est mesurable.

Solution : 

(cf. TD)

ou Correction de 2021-2022 exercice 16

https://math.univ-lyon1.fr/parcours_matheco/lib/exe/fetch.php?media=programmes_ue_l3:topologie-mesure:feuille3-matheco_2022-2023correction.pdf

Attention: il y a une erreur dans le corrigé de la première question dans ce corrigé de M. Tomanov d’il y a deux ans.

La première question est FAUSSE: Une fonction f:Ω→ℝ qui ne prend qu’un nombre fini de valeurs n’est pas forcément étagée, il faut aussi qu’elle soit MESURABLE.

□

Intégration

Exercice 4  (⋆) Soit (Ω,𝒯,μ) un espace mesuré. Prouver ou réfuter les assertions suivantes:

  1. 1.
    ​

    si f=1A avec A∈𝒯 alors ∫f⁢𝑑μ=μ⁢(A);

  2. 2.
    ​

    si f=a⁢1A+b⁢1B avec a,b∈ℝ et A,B∈𝒯 alors ∫f⁢𝑑μ=a⁢μ⁢(A)+b⁢μ⁢(B);

  3. 3.
    ​

    si f:Ω→[0,∞] est mesurable et vérifie μ⁢(f−1⁢({∞}))=0 alors f est intégrable;

  4. 4.
    ​

    si f:Ω→[0,∞] est intégrable alors μ⁢(f−1⁢({∞}))=0;

  5. 5.
    ​

    si f:Ω→[0,∞] est mesurable et vérifie ∫f⁢𝑑μ=0 alors f=0;

  6. 6.
    ​

    si f:Ω→[0,∞] est mesurable et satisfait ∫f⁢𝑑μ=0 alors f=0 μ-p.p.;

  7. 7.
    ​

    si f:Ω→[0,∞] est mesurable et satisfait f=0 μ-p.p. alors ∫f⁢𝑑μ=0;

  8. 8.
    ​

    si f:Ω→[0,∞] est mesurable et ∫Ω⁢f⁢d⁢μ<∞ alors f<∞ μ-p.p.

  9. 9.
    ​

    le produit de deux fonctions intégrables est intégrable.

Solution : 

(cf. TD)

ou Correction de 2021-2022 exercice 2

https://math.univ-lyon1.fr/parcours_matheco/lib/exe/fetch.php?media=programmes_ue_l3:topologie-mesure:feuille5-matheco_2022-2023correction.pdf

Attention: le 2 est FAUX tel quel et vrai si seulement si μ⁢(A),μ⁢(B)<+∞ ou a,b de même signe. (Sinon, les deux termes de l’égalité ne sont pas définis)

□

Exercice 5   Pour tout n∈ℕ soit fn:ℝ→ℝ la fonction définie par:

fn(x)={x−nsi⁢x≥n0si⁢x<n

Montrer que

  1. 1.
    ​

    chaque fn admet une intégrale sur ℝ pour la mesure de Lebesgue. Est-elle intégrable ?

  2. 2.
    ​

    fn⁢(x)↘0 pour tout x∈ℝ;

  3. 3.
    ​

    ∫fn⁢𝑑λ ne converge pas vers ∫limn→∞⁢fn⁢𝑑λ.

Solution : 

(cf. TD)

ou Correction de 2021-2022 exercice 8 (Comme on voit que ∫fn⁢𝑑λ=+∞ la réponse au 1. est que fn n’est pas intégrable.)

https://math.univ-lyon1.fr/parcours_matheco/lib/exe/fetch.php?media=programmes_ue_l3:topologie-mesure:feuille5-matheco_2022-2023correction.pdf

□

Théorèmes de convergence

Exercice 6

  1. 1.
    ​

    Montrer que ∫01(∑n=0+∞x2⁢n⁢(1−x))⁢𝑑x=ln⁡(2).

  2. 2.
    ​

    En déduire la valeur de ∑n=1+∞(−1)nn.

Solution : 

(cf. TD)

□

Exercice 7

  1. 1.
    ​

    Pour x∈]0,+∞[, on pose f⁢(x)=∑n=0+∞e−n⁢x. Calculer f⁢(x).

  2. 2.
    ​

    En déduire que ∫0+∞xex−1⁢𝑑x=∑n=1+∞1n2, et ∫0+∞sin⁡(x)ex−1⁢𝑑x=∑n=1+∞1n2+1.

Solution : 

(cf. TD)

□

Exercice 8   Soit α∈ℝ. Montrer que pour tout n∈ℕ, ∫01(xα+exn)−1⁢𝑑x<+∞.

En fonction de la valeur de α, déterminer, si elle existe, la limite suivante :

limn→∞∫01(xα+exn)−1⁢𝑑x.
Solution : 

(cf. TD)

□

Exercice 9   Pour n∈ℕ, on définit fn:[0,1]→[0,+∞[ par fn⁢(x)=(n+1)⁢xn.

  1. 1.
    ​

    Déterminer la limite simple de la suite (fn)n∈ℕ.

    Solution : 

    On a fn⁢(1)=n+1→+∞ et par croissance comparée fn⁢(x)=(n+1)⁢xn→n→∞0 pour x<1.

    La limite simple est donc la fonction

    f(x)={0si0≤x<1+∞six=1

    □

  2. 2.
    ​

    Déterminer, si elle existe, la limite de la suite (∫01fn⁢(x)⁢𝑑x)n∈ℕ.

    Solution : 

    Déterminons la limite de la suite (∫01fn⁢(x)⁢𝑑x)n∈ℕ. Par intégration directe, on a ∫01fn⁢(x)⁢𝑑x=[xn+1]01=1. Donc on voit que cette suite converge vers 1.   □

  3. 3.
    ​

    Commenter ce résultat.

Solution : 

On a ∫01f⁢(x)⁢𝑑x=0 qui est donc différent de la limite. On ne peut pas intervertir la limite et l’intégrale car la suite n’est ni croissante, ni dominée.   □

Exercice 10   Pour n∈ℕ et x∈ℝ, on pose fn⁢(x)=(sin⁡π⁢x)n1+x2. Montrer que chaque fonction fn est intégrable sur ℝ. Vérifier que la suite (∫ℝfn⁢𝑑λ)n∈ℕ a une limite et déterminer cette limite.

Solution : 

(cf. TD)

□

Exercice 11   Pour tout entier n≥1 et tout réel x, on pose fn⁢(x)=e−n⁢x−2⁢e−2⁢n⁢x.

  1. 1.
    ​

    Montrer que pour tout x>0, la série ∑n=1+∞fn⁢(x) est convergente et calculer sa somme f⁢(x).

    Solution : 

    On a e−n⁢x=(e−x)n qui est le terme général d’une série géométrique (Attention la somme commence à 1, donc

    ∑n=1+∞e−n⁢x=e−x⁢∑n=0+∞e−n⁢x=e−x1−e−x.

    De même, on a

    ∑n=1+∞2⁢e−2⁢n⁢x=2⁢e−2⁢x⁢∑n=0+∞e−2⁢n⁢x=2⁢e−2⁢x1−e−2⁢x.

    Donc la différence des deux séries convergentes converge, et on obtient:

    ∑n=1+∞fn⁢(x)=e−x1−e−x−2⁢e−2⁢x1−e−2⁢x=e−x⁢(1+e−x)1−e−2⁢x−2⁢e−2⁢x1−e−2⁢x=e−x⁢(1−e−x)1−e−2⁢x=e−x1+e−x.

    □

  2. 2.
    ​

    Comparer ∫0+∞f⁢(x)⁢𝑑x et ∑n=1∞∫0+∞fn⁢(x)⁢𝑑x. Expliquer.

Solution : 

On peut calculer pour n>0 :

∫0+∞fn⁢(x)⁢𝑑x=[e−n⁢x−n+e−2⁢n⁢xn]0∞=0.

Donc bien sûr ∑n=1∞∫0+∞fn⁢(x)⁢𝑑x=0. Or par changement de variable u=e−x

∫0+∞f⁢(x)⁢𝑑x=∫01d⁢u1+u=[ln⁡(1+u)]01=ln⁡(2)−ln⁡(1)=ln⁡(2)≠0=∑n=1∞∫0+∞fn⁢(x)⁢𝑑x.

On ne peut donc par intervertir somme et intégrale. En effet, la série n’est pas à terme positif (l’intégrale est nulle ! et la fonction non nulle) et on va voir que la série de fonction intégrable ne converge par dans L1. On a fn⁢(x)=0 pour 1=2⁢e−n⁢x soit ln⁡(2)−n⁢x=0 ou encore l’unique solution est x0=ln⁡(2)n. Donc

∫0+∞|fn⁢(x)|⁢𝑑x =∫0x0(2⁢e−2⁢n⁢x−e−n⁢x)⁢𝑑x+∫x0+∞(e−n⁢x−2⁢e−2⁢n⁢x)⁢𝑑x
=[e−n⁢xn−e−2⁢n⁢xn]0x0+[e−n⁢x−n+e−2⁢n⁢xn]x0∞
=2⁢e−n⁢x0n−2⁢e−2⁢n⁢x0n=2⁢e−ln⁡(2)n−2⁢e−2⁢ln⁡(2)n=1n−12⁢n=12⁢n.

Et par une série de Riemann, on a ∑n=1∞∫0+∞|fn⁢(x)|⁢𝑑x=+∞ donc le théorème d’interversion série-intégrale ne s’applique pas !

□

Exercice 12   Soit (fn)n∈ℕ une suite décroissante de fonctions positives intégrables sur ℝ convergente vers 0 presque partout.

  1. 1.
    ​

    Montrer que la série ∑n=0+∞(−1)n⁢fn converge presque partout vers une fonction positive f intégrable sur ℝ.

  2. 2.
    ​

    Montrer que la série ∑n=0+∞(−1)n⁢∫ℝfn⁢𝑑λ est convergente et que

    ∑n=0+∞(−1)n⁢∫ℝfn⁢𝑑λ=∫ℝ(∑n=0+∞(−1)n⁢fn)⁢𝑑λ.
Solution : 

(cf. TD)

□

Intégrales à paramètres

Exercice 13   Soient f:ℝ→ℝ une fonction intégrable et μ une mesure finie sur (ℝ,ℬ⁢(ℝ)).

Montrer que leurs transformées de Fourier f^ et μ^ sont continues sur ℝ:

f^⁢(x)=∫−∞∞f⁢(t)⁢ei⁢t⁢x⁢𝑑t,μ^⁢(x)=∫−∞∞ei⁢t⁢x⁢𝑑μ⁢(t)

Exercice 14   Soient f⁢(x)=(∫0xe−t2⁢𝑑t)2 et g⁢(x)=∫01e−x2⁢(1+t2)1+t2⁢𝑑t.

  1. 1.
    ​

    Montrer que f et g sont 𝒞1 et calculer f′⁢(x) et g′⁢(x).

  2. 2.
    ​

    Montrer que f′⁢(x)+g′⁢(x)=0 pour tout x∈ℝ, en déduire la valeure de f⁢(x)+g⁢(x).

  3. 3.
    ​

    En déduire que ∫0∞e−t2⁢𝑑t=π2

Exercice 15

On pose F⁢(x)=∫0∞e−t2⁢cos⁡(t⁢x)⁢𝑑t.

  1. 1.
    ​

    Montrer que F est bien définie sur ℝ.

  2. 2.
    ​

    Montrer que F est continûment dérivable. Donner une expression de F′⁢(x).

  3. 3.
    ​

    Montrer que pour tout x∈ℝ, on a F′⁢(x)+x2⁢F⁢(x)=0

    En déduire que la fonction G⁢(x)=ex24⁢F⁢(x) est constante.

  4. 4.
    ​

    Donner l’expression de F⁢(x) pour x∈ℝ en utilisant le résultat de l’exercice 1.3

  5. 5.
    ​

    En déduire la transformée de Fourier d’une variable gaussienne standard

    Φ⁢(x)=12⁢π⁢∫−∞∞e−t2/2⁢ei⁢t⁢x⁢𝑑t.

Exercice 16  On pose F⁢(x)=∫0∞e−t⁢x⁢sin⁡(t)t⁢𝑑t.

  1. 1.
    ​

    Montrer que F est bien définie et continue sur ]0,∞[

  2. 2.
    ​

    Montrer que F est continûment dérivable sur ]0,∞[.

  3. 3.
    ​

    Montrer que F est aussi bien définie en 0 comme intégrale de Riemann semi-convergente:F⁢(0)=limK→∞∫0Ksin⁡(t)t⁢𝑑t. (Indication: utiliser une intégration par partie).

  4. 4.
    ​

    Montrer que F est continue en 0. (Indication: il faut utiliser une méthode standard pour les intégrales semi-convergentes. On pourra décomposer F⁢(x)=F0⁢(x)+F1⁢(x) pour les intégrales sur ]0,1],]1,+∞[, et utiliser une intégration par partie v′⁢(t)=sin⁡(t),u⁢(t)=e−t⁢x/t sur F1 pour obtenir la formule alternative suivante:

F0(x)=∫01e−t⁢xsin⁡(t)tdt,F1(x)=∫1∞e−t⁢xsin⁡(t)tdt=e−xcos(1)+∫1∞(xt+1)e−t⁢xcos⁡(t)t2dt.)
Solution : 

(cf TD. pour les questions 1 et 2)

ou Correction de 2021-2022 exercice 4

https://math.univ-lyon1.fr/parcours_matheco/lib/exe/fetch.php?media=programmes_ue_l3:topologie-mesure:feuille6-matheco_2022-2023correction.pdf   □

Exercice 17   Pour x>0, on pose φ⁢(x)=∫01e−x/t⁢𝑑t.

Montrer que φ est de classe 𝒞2 sur ]0,+∞[ et que φ′′⁢(x)=e−xx pour x>0.

Solution : 

(cf. TD)

□

Exercices supplémentaires

Exercice 18   Calculer limn→∞∫01ex1+xn⁢𝑑x, limn→∞∫01e−n⁢x1+x⁢𝑑x et limn→∞∫−∞+∞exp⁢(−|x|n)⁢𝑑x.

Solution : 

(cf. TD)

1/ On pose fn⁢(x)=ex1+xn, on déduit fn⁢(x)→ex pour x∈[0,1[. On a la domination |fn⁢(x)|≤e par une constante donc une fonction Lebesgue-intégrable sur [0,1[. On peut donc appliquer le théorème de convergence dominée en réécrivant l’intégrale comme intégrale de Lebesgue:

limn→∞∫01ex1+xn⁢𝑑x=limn→∞∫[0,1[ex1+xn⁢𝑑λ⁢(x)=∫[0,1[ex⁢𝑑λ⁢(x)=∫01ex⁢𝑑x=e−1

2/ On pose gn⁢(x)=e−n⁢x1+x. Pour x>0, on a gn⁢(x)=e−n⁢x1+x→0. On a la domination |gn⁢(x)|≤1 par une constante donc une fonction Lebesgue-intégrable sur ]0,1]. On peut donc appliquer le théorème de convergence dominée en réécrivant l’intégrale comme intégrale de Lebesgue:

limn→∞∫01e−n⁢x1+x⁢𝑑x=limn→∞∫]0,1]e−n⁢x1+x⁢𝑑λ⁢(x)=∫]0,1]0⁢𝑑λ⁢(x)=0.

3/ On pose hn⁢(x)=exp⁢(−|x|n). On a la limite simple hn⁢(x)→1{0}⁢(x). Or pour n≥1, on a la domination |hn⁢(x)|≤exp⁢(−|x|)=h1⁢(x). Or h1 est intégrable sur ℝ d’intégrale ∫−∞+∞h1⁢(x)⁢𝑑x=2⁢∫0+∞e−x⁢𝑑x=2. Donc par le théorème de convergence dominée, on obtient

limn→∞∫−∞+∞exp⁢(−|x|n)⁢𝑑x=∫−∞+∞1{0}⁢(x)⁢𝑑x=0.

□

Exercice 19   Calculer limn→∞∫0n(1−xn)n⁢𝑑x et limn→∞∫0n(1+xn)n⁢e−2⁢x⁢𝑑x.

Solution : 

1/ On pose fn⁢(x)=1[0,n]⁢(x)⁢(1−xn)n on a la limite simple

fn⁢(x)=1[0,n]⁢(x)⁢exp⁡(n⁢ln⁡(1−xn))→n→∞exp⁡(−x).

Par concavité du log, on a ln⁡(1−xn)≤−xn (borne par la tangente en 1), on obtient donc la domination

|fn⁢(x)|=1[0,n]⁢(x)⁢exp⁡(n⁢ln⁡(1−xn))≤1[0,n]⁢(x)⁢exp⁡(−xn⁢n)≤exp⁡(−x)=g⁢(x).

Or g est intégrable sur [0,+∞[ donc par le TCD, on obtient:

limn→∞∫0n(1−xn)n⁢𝑑x=limn→∞∫[0,+∞[fn⁢(x)⁢𝑑λ⁢(x)=∫[0,+∞[e−x⁢𝑑λ⁢(x)=1.

2/ On pose gn⁢(x)=1[0,n]⁢(x)⁢(1+xn)n⁢e−2⁢x on a la limite simple

gn⁢(x)=1[0,n]⁢(x)⁢exp⁡(n⁢ln⁡(1+xn))⁢e−2⁢x→n→∞exp⁡(x)⁢e−2⁢x=e−x.

Par concavité du log, on a ln⁡(1+xn)≤xn (borne par la tangente en 1), on obtient donc la domination

|gn⁢(x)|=1[0,n]⁢(x)⁢exp⁡(n⁢ln⁡(1+xn))⁢e−2⁢x≤1[0,n]⁢(x)⁢exp⁡(xn⁢n)⁢e−2⁢x≤exp⁡(x)⁢e−2⁢x=g⁢(x).

Or g est intégrable sur [0,+∞[ donc par le TCD, on obtient:

limn→∞∫0n(1+xn)n⁢e−2⁢x⁢𝑑x=limn→∞∫[0,+∞[gn⁢(x)⁢𝑑λ⁢(x)=∫[0,+∞[e−x⁢𝑑λ⁢(x)=1.

□

Exercice 20   Calculer limn→+∞∫0+∞e−x⁢(sin⁡(x))n⁢𝑑x et limn→+∞∫1+∞n⁢sin⁡(xn)x3⁢𝑑x.

Solution : 

1/ On pose fn⁢(x)=e−x⁢(sin⁡(x))n→n→∞0 pour tout x∉ℤ⁢π. Or λ⁢(ℤ⁢π)=0 (car ℤ⁢π est dénombrable) donc fn converge vers 0 λ-p.p.

De plus, on a la domination |fn⁢(x)|≤e−x=g⁢(x) par g intégrable sur [0,+∞[ donc par le théorème de convergence dominé, on a :

limn→+∞∫0+∞e−x⁢(sin⁡(x))n⁢𝑑x=limn→+∞∫[0,+∞[e−x⁢(sin⁡(x))n⁢𝑑λ⁢(x)=∫[0,+∞[0⁢𝑑λ⁢(x)=0.

2/On pose, pour x≥1, gn⁢(x)=n⁢sin⁡(xn)x3∼n→+∞n⁢xnx3=1x2.

De plus, on rappelle que |s⁢i⁢n⁢(y)|≤|y| (cf. inégalité de convexité du TD 2), donc on obtient la domination:

|n⁢sin⁡(xn)x3|≤n⁢xnx3=1x2=g⁢(x).

Or, comme intégrale de Riemann (α=2>1), on sait que g est intégrable sur [1,+∞[, donc par le théorème de convergence dominé, on a :

limn→+∞∫1+∞n⁢sin⁡(xn)x3⁢𝑑x=limn→+∞∫1+∞n⁢sin⁡(xn)x3⁢𝑑λ⁢(x)=∫1+∞1x2⁢𝑑λ⁢(x)=[−1x]1+∞=1.

□

Exercice 21   Pour n∈ℕ, on définit une fonction fn:[0,1]→[0,+∞[ par fn⁢(x)=n⁢(1−x)n⁢sin2⁡(n⁢x).

  1. 1.
    ​

    Déterminer la limite simple de la suite (fn)n∈ℕ. On notera cette limite simple f.

    Solution : 

    Déterminons la limite simple de la suite (fn)n∈ℕ. On notera cette limite simple f.

    On a fn⁢(0)=0→0 et pour x>0 on a |fn⁢(x)|≤n⁢(1−x)n→n→∞0 par croissance comparée. Donc la limite simple est 0.

    □

  2. 2.
    ​

    Montrer que pour chaque n∈ℕ,

    ∫01fn⁢(x)⁢𝑑x=∫0n(1−xn)n⁢sin2⁡(x)⁢𝑑x.
    Solution : 

    Pour chaque n∈ℕ, on fait le changement de variable y=n⁢x et on obtient

    ∫01fn⁢(x)⁢𝑑x=∫0n(1−yn)n⁢sin2⁡(y)⁢𝑑y.

    □

  3. 3.
    ​

    Vérifier que pour tout x≥0, on a 1−x≤e−x.

    Solution : 

    Comme la fonction g⁢(x)=e−x a pour dérivée seconde elle-même qui est positive, f est convexe. On vérifie que pour tout x≥0, on a 1−x≤e−x vu que y=1−x est la tangente à g en 0.

    □

  4. 4.
    ​

    En déduire que la suite (∫01fn⁢(x)⁢𝑑x)n∈ℕ converge.

    Solution : 

    En bornant aussi le sinus par 1, on en déduit la domination :

    |1[0,n]⁢(y)⁢(1−yn)n⁢sin2⁡(y)|≤(e−y/n)n=e−y

    et cette fonction est intégrable sur [0,+∞[, Donc par le théorème la suite

    ∫01fn⁢(x)⁢𝑑x=∫[0,+∞[1[0,n]⁢(y)⁢(1−yn)n⁢sin2⁡(y)⁢𝑑λ⁢(y)→n→∞∫[0,+∞[e−y⁢sin2⁡(y)⁢𝑑λ⁢(y).

    □

  5. 5.
    ​

    Montrer que

    limn→∞∫01fn⁢(x)⁢𝑑x≠∫01f⁢(x)⁢𝑑x.
    Solution : 

    On en déduit que

    limn→∞∫01fn⁢(x)⁢𝑑x=∫[0,+∞[e−y⁢sin2⁡(y)⁢𝑑λ⁢(y)≠∫01f⁢(x)⁢𝑑x=0.

    Car la fonction positive e−y⁢sin2⁡(y) ne pourrait être d’intégrale nulle que si elle était nulle presque partout. Or ce n’est pas le cas puisqu’elle s’annule comme le sinus pour y∈ℕ⁢π qui est dénombrable donc de mesure nulle.

    □

  6. 6.
    ​

    Calculer limn→∞∫01fn⁢(x)⁢𝑑x.

Solution : 

On a déjà calculé limn→∞∫01fn⁢(x)⁢𝑑x=∫0+∞e−y⁢sin2⁡(y)⁢𝑑y.

Si on veut une valeur explicite , on peut utiliser la formule d’Euler:

∫0+∞e−y⁢sin2⁡(y)⁢𝑑y=−∫0+∞e−y⁢e2⁢i⁢y+e−2⁢i⁢y−24⁢𝑑y=−14⁢[e−y⁢e2⁢i⁢y2⁢i−1−e−y⁢e−2⁢i⁢y2⁢i+1+2⁢e−y]0+∞=25.

□