7 Espaces vectoriels munis d’un produit scalaire; espaces de Hilbert.

Exercice 1  Soit E un -espace vectoriel muni d’un produit scalaire (réel). Montrer que, si (ai)iI est une famille orthogonale de vecteurs de E on a pour tout λ1,,λn et tout {i1,,in}I (donc tels que ijik si kj)

k=1nλkaik2=k=1nλk2aik2.

Remarquer que le théorème de Pythagore est un cas particulier de l’égalité ci-dessus. Qu’est-ce qui change si E est un -espace vectoriel muni d’un produit scalaire hermitien ?

Exercice 2Une Identité du parallélogramme généralisée

Soit H un espace préhilbertien de norme ||||.

  1. 1.

    Montrer que pour t]0,1[, on a pour x1,x2H:

    tx1+(1t)x22+t(1t)x1x22=tx12+(1t)x22.
  2. 2.

    En déduire que xx2 est strictement convexe.

Exercice 3   Soit H=2. On pose K=[0,1]2 et C=[0,+[2

  1. 1.

    Montrer que C,K sont des convexes fermés. Sont-ils compacts ?

  2. 2.

    Pour x=(x1,x2)2. Montrer que la projection sur K est donnée par la formule

    PK(x)=(min(x1,1)1]0,+[(x1),min(x2,1)1]0,+[(x2)).
  3. 3.

    Rappeler la relation entre PK et cône normal (vu au chapitre sur la convexité) et en déduire NK((1,1)).

  4. 4.

    Pour x2. Calculer PC(x) (Indication: on pourra deviner une formule et utiliser la propriété caractéristique de PC, une généralisation est à l’exercice 12).

Exercice 4   On se place dans l’espace L2([0,1],λ;) muni du produit scalaire f,g=01f(x)g(x)𝑑x. On considère la famille (uk)k1 définie par uk(x)=sin(2kπx) pour tout x[0,1] et tout k1. Montrer que c’est une famille orthogonale. Est-ce une base hilbertienne?

Exercice 5   Vérifier que les vecteurs e1=(1,1,1), e2=(1,1,1) et e3=(0,1,1) forment une base de 3. Utiliser le procédé de Gram-Schmidt sur cette base pour obtenir une base orthonormale.

Exercice 6   On désigne par 𝒞([1,1]) l’espace vectoriel des fonctions réelles et continues sur [1,1]. En tant que sous-espace de l’espace de Hilbert L2([1,1],λ;), 𝒞([1,1]) est un espace préhilbertien muni du produit scalaire

f,g=11fg𝑑λ.
  1. 1.

    Montrer que 𝒞([1,1]) est séparable. (Indication: on pourra utiliser le théorème d’approximation de Weierstrass.)

  2. 2.

    On se propose de montrer que 𝒞([1,1]) n’est pas complet, donc, n’est pas un espace de Hilbert.

    Pour chaque entier n>0 on pose

    ϕn(t)={1si1t1/nntsi1/nt1/n1si 1/nt1.
    1. (a)

      Montrer que (ϕn) est une suite de Cauchy dans 𝒞([1,1]).

    2. (b)

      Soit

      ψ(t)={1si1t<01si 0t1.

      Montrer que ψf2>0 pour toute fonction f𝒞([1,1]).(La norme 2 de L2([1,1],λ;) est défini par x22=<x,x>.)

    3. (c)

      En utilisant l’inégalité de Minkowski montrer que la suite (ϕn) ne converge pas dans 𝒞([1,1]).

    4. (d)

      Conclure.

  3. 3.

    Est-ce que 𝒞([1,1]) fermé dans L2([1,1],λ;)?

Exercice 7   Soient H un espace de Hilbert (complexe) et TL(H,H) une application linéaire continue.

  1. 1.

    Soit xH, montrer (en utilisant le théorème de Riesz) qu’il existe un unique zH, tel que pour tout yH:

    z,y=x,Ty.
  2. 2.

    En utilisant le même théorème, montrer que la norme subordonnée est donnée par:

    |T|=supy1supx1|x,Ty|.
  3. 3.

    Montrer qu’il existe une unique application linéaire: T:HH (appelée adjoint de T) telle que:

    x,yH:x,Ty=Tx,y.
  4. 4.

    Montrer que TL(H,H) et que la norme subordonnée de l’adjoint est la même :

    |T|=|T|.
  5. 5.

    Montrer que (T)=T.

  6. 6.

    Si H=n et (ei)i=1,,n la base orthonormale canonique, exprimer la matrice de T dans la base canonique en fonction de la matrice A=(ai,j) de T.

Exercice 8Polynômes de Legendre On se place dans l’espace de Hilbert

H=(L2([1,1],λ;),2).
  1. 1.

    En utilisant le procédé de Gram-Schmidt, montrer qu’il existe une famille orthonormale de polynômes (pn)n, telle que pour chaque n, la fonction pn est une fonction polynomiale de degré n.

  2. 2.

    En utilisant le théorème d’approximation de Weierstrass, montrer que la famille de polynômes de la question précédente (pn)n est une base hilbertienne de H.

  3. 3.

    Pour n, on considère la fonction polynomiale ln définie par

    ln(t)=12nn!dndtn(t21)n

    pour t[1,1] (polynômes de Legendre).

    1. (a)

      Déterminer le degré de ln pour chaque n.

    2. (b)

      Montrer que la famille (ln)n est une famille orthogonale (Indication: calculer par intégration par partie ln,P avec P polynôme de deg(P)<n).

    3. (c)

      En déduire que pour chaque n, on a pn=lnln2.

Exercice 9   Soient H un espace de Hilbert (complexe) et uL(H,H) une application linéaire continue. Montrer l’équivalence entre

  1. 1.

    u est une isométrie, c’est à dire u(x)2=x2 pour tout xH.

  2. 2.

    Pour tout x,yH, ux,uy=x,y

  3. 3.

    uu=Id (u est l’adjoint de l’exercice 7)

(Indication :penser à l’identité de polarisation).

Exercice 10  Soit H=L2([π,π],12πλ;). Soit en(x)=exp(inx). On rappelle que (en)n est une base orthonormale de H. Soit f la fonction définie par f(x)=x.

  1. 1.

    Calculer les nombres cn(f)=en,f (ce sont les coefficients de Fourier complexes de la fonction f)

  2. 2.

    En déduire une formule pour f en terme des (cn(f)).

  3. 3.

    En utilisant l’égalité de Parseval, en déduire que:

    n=1+1n2=π26.

Exercices plus difficiles

Exercice 11Une autre Identité du parallélogramme généralisée Soient H un espace de Hilbert et x1,,xnH

Montrer que

12n(ϵ1,,ϵn){1,1}nϵ1x1++ϵnxn2=x12++xn2.

Exercice 12   Soit H=L2(Ω,𝒯,μ;). On pose C={fH:f0μp.p.}.

Montrer que C est un convexe fermé et que PC(f)=f1{f0}.

Exercice 13   Soit H=L2(Ω,𝒯,μ;). On pose K={fH:1f0μp.p.}.

Montrer que K est un convexe fermé et que PK(f)=f1{1f0}.

Exercice 14  Soient H un espace de Hilbert et FH un sous-espace fermé différent de {0}. Soit P une projection de H sur F, c’est à dire une application linéaire P:HH telle que P2=P d’image F. On rappelle qu’on munit l’espace vectoriel des applications linéaires continues L(H,H) de la norme subordonnée |||.|||.

Montrer l’équivalence entre

  1. 1.

    P est la projection orthogonale PF

  2. 2.

    P est continue et |P|=1

  3. 3.

    |P(x),x|x2 pour tout xH.

Exercice 15Polynômes de Laguerre On se place dans l’espace de Hilbert H=(L2([0,[,μ;),2) avec μ la mesure sur la tribu borélienne de [0,[ de densité ex par rapport à la mesure de Lebesgue c’est-à-dire μ(A)=Aex𝑑x.

Soit

Ln=exn!(ddx)n(exxn).
  1. 1.

    Montrer que Ln est une fonction polynomiale de la forme :

    Ln(x)=(1)nn!xn+k=0n1akxk.
  2. 2.

    Soit Q un polynôme de degré m<n montrer que Ln,Q=0 (Indication: intégrer par partie).

  3. 3.

    Montrer que Ln est une famille orthonormale de H.

  4. 4.

    Soit t. Calculer la norme de SN=n=0Ntn(t+i)nLn. En déduire que SN converge dans H.

  5. 5.

    Soit

    ft(x)=i+tieixt.

    Montrer que Ln,ft=tn(i+t)n.

  6. 6.

    Montrer que SN converge dans H vers ft.

  7. 7.

    En déduire que (Ln)n est une base orthonormale de H. (Indication: montrer que tout f orthogonal aux Ln a une transformée de Fourier nulle et utiliser le théorème d’inversion de Fourier).