5 Théorème d’approximation de Weierstrass (niveau L3-M1)

Théorème A.9 (de Bernstein).

Soit f:[0,1]n→ℂ continue et définissons le polynôme de Bernstein :

BN⁢(f)⁢(x1,…,xn)=∑k1=0N⋯⁢∑kn=0NCNk1⁢…⁢CNkn⁢f⁢(k1N,…,knN)⁢x1k1⁢(1−x1)N−k1⁢…⁢xnkn⁢(1−xn)N−kn

Alors BN⁢(f) converge uniformément sur [0,1]n vers f

Démonstration : 

On interprète de façon probabiliste BN⁢(f). Soit Ω={0,1}N⁢n avec la mesure de probabilité

P⁢(ω1=i1,…,ωN⁢n=in)=x1k1⁢(1−x1)N−k1⁢…⁢xnkn⁢(1−xn)N−kn

avec ki le nombre de 1 parmi iN⁢(i−1)+1,…,iN⁢i. On note S1⁢(ω)=ω1+…+ωNN,…,Sn⁢(ω)=ωN⁢(n−1)+1+…+ωN⁢nN,S=(S1,…,Sn) qui sont des variables de loi binomiales indépendantes du point de vue probabiliste. Alors ∫𝑑P⁢f⁢(S1,…,Sn)=BN⁢(f)⁢(x1,…,xn), donc si ω(h)=sup{|f(x)−f(y)|:|x−y|≤h} est le module d’uniforme continuité de f, on a:

|f⁢(x1,…,xn)−BN⁢(f)⁢(x1,…,xn)|≤‖f⁢(x1,…,xn)−f⁢(S)‖1≤ω⁢(δ)+2⁢‖f‖∞⁢P⁢(|(x1,…,xn)−S|≥δ)

Or par union disjointe et l’inégalité de Markov:

P⁢(|(x1,…,xn)−S|≥δ)≤∑i=1nP⁢(|xi−Si|≥δ)≤∑i=1nE⁢(|xi−Si|2)δ2

Or un calcul simple donne E⁢(|xi−Si|2)=V⁢a⁢r⁢(Si)=xi⁢(1−xi)N≤14⁢N donc

lim supN→∞sup(x1,…,xn)∈[0,1]n|f⁢(x1,…,xn)−BN⁢(f)⁢(x1,…,xn)|≤lim supN→∞ω⁢(δ)+2⁢n⁢‖f‖∞4⁢N⁢δ2=ω⁢(δ)→δ→00.

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Corollaire A.10 (Théorème d’approximation de Weierstrass).

Soit K un compact de ℝn les polynômes (à coefficients complexes) sont denses dans C0⁢(K,ℂ). En conséquence, C0⁢(K,ℂ) est séparable.

Démonstration : 

Comme K est fermé borné, K⊂[−N,N]n et par le théorème de Tietze D.3, f continue sur K se prolonge en une fonction continue sur [−N,N]n, il suffit donc du cas K=[−N,N]n que l’on obtient par translation et dilatation (qui conservent les polynômes) du résultat précédent. Comme ℚ⁢[i]:=ℚ+i⁢ℚ est dense dans ℂ, on voit facilement que les polynômes à coefficients dans ℚ⁢[i] sont aussi denses, et forment un ensemble dénombrable, comme union dénombrable des polynomes de degré au plus m en chaque variable (c’est plus simple à décrire qu’en terme de degré total) qui s’écrivent sous la forme ∑i1,…,in=0mλi⁢x1i1⁢…⁢xnin et qui s’identifient donc au produit ℚ⁢[i]mn≃ℚ2⁢mn, qui est dénombrable comme produit fini d’ensembles dénombrables.   □

Remarque A.1.

Plus généralement, le théorème de Stone Weierstrass indique que toute sous-algèbre A (stable par conjugaison complexe) de C0⁢(K,ℂ) avec K compact qui contient les fonctions constantes et sépare les points (au sens pour x≠y il existe P∈A avec P⁢(x)≠P⁢(y)) est dense pour la norme uniforme:A¯=C0⁢(K,ℂ).