1 Distance et Norme sur un espace vectoriel

★ Définition 2.1.

Soit X un ensemble (en général supposé non-vide). Une distance sur X est une application d:X×X→[0,+∞[ telle que :

  • i
    ​

    ∀x,y∈X,d⁢(x,y)=d⁢(y,x) (symétrie)

  • ii
    ​

    ∀x,y,z∈X⁢d⁢(x,z)≤d⁢(x,y)+d⁢(y,z) (inégalité triangulaire ou sous-additivité)

  • iii
    ​

    ∀x,y∈X⁢d⁢(x,y)=0⟺x=y (séparation)

Un couple (X,d) est appelé espace métrique (em).

★ Définition 2.2.

Soit E un 𝕂-e.v. Une norme sur E est une application n:E→[0,+∞[ telle que :

  • i
    ​

    ∀x∈E,λ∈𝕂⁢n⁢(λ⁢x)=|λ|⁢n⁢(x) (homogénéité)

  • ii
    ​

    ∀x,y∈E⁢n⁢(x+y)≤n⁢(x)+n⁢(y) (inégalité triangulaire ou sous-additivité)

  • iii
    ​

    ∀x∈E⁢n⁢(x)=0⟺x=0 (séparation)

Souvent on note n⁢(x)=‖x‖, sauf dans l’exemple E=𝕂,n⁢(x)=|x|. Un couple (E,||.||) est appelé espace vectoriel normé (evn).

Exemple 2.1.

Soit X⊂E une partie (non-vide) avec d⁢(x,y)=‖x−y‖, alors (X,d) est un espace métrique et tout espace métrique est de cette forme.

Exemple 2.2.

Si E=ℝn on a trois normes classiques, si X=(x1,…,xn) :

‖X‖1=∑i=1n|xi|
‖X‖2=∑i=1n|xi|2⁢(norme⁢euclidienne)
‖X‖∞=maxi=1⁢…⁢n⁡|xi|
Exercice 2.1.

Montrer que ce sont des normes (cf. TD de L2).

★ Exemple 2.3.

Si E=C0⁢([a,b],ℝ) l’ensemble des fonctions continues sur [a,b], on a trois normes :

‖f‖1=∫ab|f⁢(t)|⁢𝑑t
‖f‖2=∫ab|f⁢(t)|2⁢𝑑t
‖f‖∞=supt∈[a,b]|f⁢(t)|

Cette dernière norme est la norme de la convergence uniforme (la convergence pour ||.||∞ coïncidera avec la convergence uniforme)

Le lemme 1.17 se reformule en disant:

Lemme 2.1.

(ℓ1(I,𝕂),||⋅||1) est un espace vectoriel normé.

Démonstration : 

||⋅||1 vérifie l’inégalité triangulaire (cas λ=μ=1 du lemme 1.17). De plus ||⋅||1 est positif. Comme |ai|≤‖a‖1, ai=0 si ‖a‖1=0, pour tout i donc a=0 ce qui donne l’axiome de séparation. Enfin ∑i∈J|λ⁢ai|=|λ|⁢∑i∈J|ai| donc en passant au sup: |λ|⁢‖a‖1=‖λ⁢a‖1 (d’où l’homogénéité).   □

Exemple 2.4.

Si Z=X×Y avec (X,dX), (Y,dY) des espaces métriques. On définit :

dZ⁢((x,y),(x′,y′))=max⁡(dX⁢(x,x′),dY⁢(y,y′)).

C’est une distance sur Z (exo) que l’on utilisera dans cette situation ultérieurement (distance produit).

Exemple 2.5.

ℝ¯=ℝ∪{−∞,∞} est un espace métrique avec la distance

dℝ¯(x,y)={min(1,|x−y|)six,y∈ℝ0six=y∈{−∞,+∞}1sinon
Proposition 2.2.

(Inégalité triangulaire inverse) Soit (X,d) un espace métrique.

∀x,y,z∈X⁢|d⁢(x,z)−d⁢(y,z)|≤d⁢(x,y).
Démonstration : 

Cas d⁢(x,z)≥d⁢(y,z): Comme d⁢(x,z)≤d⁢(x,y)+d⁢(y,z) par l’inégalité triangulaire, on en déduit |d⁢(x,z)−d⁢(y,z)|=d⁢(x,z)−d⁢(y,z)≤d⁢(x,y).

Dans le cas d⁢(y,z)≥d⁢(x,z), on échange x et y par symétrie.   □